En dehors des bruits nocturnes, il régnait dans la clairière un silence qui lui pesait. Son père était presque un étranger pour elle, et il en était de même pour sa mère qui ne devrait pas tarder à revenir de sa chasse. Ils étaient tous les deux des sorciers sans cesse en voyage, et ils l'avait confiée à l'age d'un an à sa tante. Les raisons de ce quasi abandon étaient obscures aux yeux de la jeune fille, mais à chaque fois qu'elle avait tenté d'aborder le sujet avec ses parents, lors d'une de leurs rares visites, elle s'était heurtée à un mur de silence réprobateur, souligné par le regard noir des deux adultes.
Ils ne répondaient pas plus aux questions qu'elle posait sur l'endroit où ils se rendaient. Ils lui avaient juste indiqué que leur destination était un haut lieu magique appelé Parogère.
Sa mère revint et laissa tomber la carcasse d'une biche. Une flèche dépassait de son poitrail. Sans doute celle qui l'avait tuée. La femme entreprit de couper la jugulaire de l'animal, elle recueillit le sang qui s'en écoula dans un bol, puis le tendit à sa fille.
_Bois, il est encore chaud.
La jeune fille saisit le bol et le porta à ses lèvres malgré l'odeur qui l'éc½urait. Elle en but une lampée et eu haut le c½ur.
_Je ne peux pas... bredouilla-t'elle.
_Fais le ! le ton de son père était sans réplique.
S'exécutant, elle se força à renouveler son geste. Lorsqu'elle eu finis, sa mère qui ne l'avait pas quittée des yeux entreprit de dépecer la bête.
Adelaïde se sentait nauséeuse, mais elle ne dit rien se contentant de s'assoir contre un tronc d'arbre baissant les yeux sur le sol. Elle sombra dans un sommeil agité.



