Adelaïde s'assit sur le sol et regarda son père allumer un feu. Au loin, un loup hurla. Un peu mal à l'aise la jeune fille contempla la dense forêt qui l'environnait, elle était plus habituée à la campagne autour de la ferme où elle avait vécu jusqu'au jour de ses quatorze ans.

En dehors des bruits nocturnes, il régnait dans la clairière un silence qui lui pesait. Son père était presque un étranger pour elle, et il en était de même pour sa mère qui ne devrait pas tarder à revenir de sa chasse. Ils étaient tous les deux des sorciers sans cesse en voyage, et ils l'avait confiée à l'age d'un an à sa tante. Les raisons de ce quasi abandon étaient obscures aux yeux de la jeune fille, mais à chaque fois qu'elle avait tenté d'aborder le sujet avec ses parents, lors d'une de leurs rares visites, elle s'était heurtée à un mur de silence réprobateur, souligné par le regard noir des deux adultes.

Ils ne répondaient pas plus aux questions qu'elle posait sur l'endroit où ils se rendaient. Ils lui avaient juste indiqué que leur destination était un haut lieu magique appelé Parogère.
Sa mère revint et laissa tomber la carcasse d'une biche. Une flèche dépassait de son poitrail. Sans doute celle qui l'avait tuée. La femme entreprit de couper la jugulaire de l'animal, elle recueillit le sang qui s'en écoula dans un bol, puis le tendit à sa fille.

_Bois, il est encore chaud.

La jeune fille saisit le bol et le porta à ses lèvres malgré l'odeur qui l'éc½urait. Elle en but une lampée et eu haut le c½ur.

_Je ne peux pas... bredouilla-t'elle.
_Fais le ! le ton de son père était sans réplique.

S'exécutant, elle se força à renouveler son geste. Lorsqu'elle eu finis, sa mère qui ne l'avait pas quittée des yeux entreprit de dépecer la bête.

Adelaïde se sentait nauséeuse, mais elle ne dit rien se contentant de s'assoir contre un tronc d'arbre baissant les yeux sur le sol. Elle sombra dans un sommeil agité.

# Posté le lundi 09 juin 2008 12:18

Modifié le jeudi 12 juin 2008 15:42

Adelaïde

 Adelaïde
Un cri la réveilla, ce n'était pas un cri de peur mais de rage. Adelaïde ne reconnut pas le mot.

Il faisait toujours nuit et le feu s'était éteint, mais étrangement Adelaïde y voyait comme en plein jour. Elle constata avec un certain détachement qu'ils étaient attaqués, son père avait engagé un combat à l'épée avec un homme en tunique noire dont elle ne voyait pas le visage. Elle nota la tache rouge qui s'élargissait sur le bras de son père et su qu'il allait perdre. Le cri qu'elle avait entendu était un sort lancé par un second homme sur sa mère qui luttait pour le contenir. Quand elle y parvint enfin, un troisième homme vêtu entièrement de rouge pris par à la bataille et la femme fut rapidement dépassée par les sorts de ses adversaires, elle s'effondra dans un hurlement de douleur. Adelaïde ferma les yeux en espérant qu'elle se taise. Elle avait l'esprit embrumé et un mal de tête lui martelait le crâne.

L'homme en rouge se baissa et lui prit la main pour la relever. Elle obtempéra en titubant se sentant incapable de faire autre chose que de suivre les hommes. Elle se rendit vaguement compte qu'on la faisait monter sur un cheval. Une odeur de pin flottait dans l'air, une chouette attrapa un mulot quelque part dans les buissons. Elle entendit le couinement du rongeur qui tentait de s'enfuir. Ses sens notaient tout ce qui se passait autour d'elle et son cerveau enregistrait toutes ces informations, cependant elle était dans l'incapacité de réfléchir à ce qui lui arrivait.

Sous ses doigts elle nota la sueur du cheval qu'elle chevauchait, sa respiration était accéléré, avec un effort elle en déduisit qu'il galopait depuis un moment. Impossible de savoir depuis combien de temps, le temps n'était pas important. Ils s'arrêtèrent pour bivouaquer et on lui tendit une écuelle, elle était en terre cuite et une légère fissure la parcourait de tout son long, la jeune fille la suivit du doigt.

_Elle complètement à l'ouest, la gamine.
_C'est sans doute sa transformation.


L'homme en rouge avait une voix grave, et une intonation qui signifiait qu'il commandait. Un léger accent teintait sa voix mais elle ne réussit pas à l'identifier. Cet homme était important, elle en avait la conviction. Un des hommes se leva et remplis son écuelle. De la viande de mouton... Puis il lui ordonna de se lever. Elle obéit, docile, toute volonté semblait s'être évanouie chez elle.

Ils se remirent en route, vers le sud estima-t'elle.

# Posté le lundi 09 juin 2008 14:39

Modifié le jeudi 12 juin 2008 15:42

Mernaid

 Mernaid
_Qui êtes vous? Où est ce que l'on est ici?
_Ici? C'est la guilde des sorciers. Quand à moi je m'appelle Arguillus et tu es prié de me témoigner du respect.
_Du respect? Et comment pourrais-je avoir du respect pour quelqu'un qui m'attache comme un chien?!
_Les chiens quand ils n'obéissent pas on les fouettent!!!
_Ah oui?! Et bien fouettez- moi pour voir!!!

Le sorcier eu un sourire.
_Fort caractère, hein? Ne t'inquiète pas je vais te mater moi.
La jeune fille afficha un air de défi d'une assurance qu'elle était loin de connaître. Elle se souvenait par bribes de son voyage mais c'est comme si tout cela avait été observé par une autre personne qu'elle. Tout allait trop vite, il y avait à peine une semaine elle n'était qu'une simple fermière et maintenant...

Elle avait vaguement conscience que ses parents étaient morts mais elle n'arrivait pas à éprouver du chagrin.

Elle savait que l'homme qui se tenait devant elle était puissant. Beaucoup plus puissant que ne l'avait jamais été ses parents. Elle avait aussi l'intuition qu'il ne servait à rien de résister face à une telle personne, néanmoins elle ne voulait pas céder si facilement. Son égo pensa-t'elle ironiquement. Elle ne s'interrogea pas sur toutes ces certitudes, toutes ces choses qu'elle ressentait pour la première fois.

Lorsqu'elle émergea de ses pensées un jeune homme d'environ 18-19 ans se tenait devant elle. Elle ne l'avait pas entendu arriver. Il était grand et musclé, et il y avait dans ses mouvements l'assurance de quelqu'un qui sait qu'il possède une supériorité physique. Adelaïde lu dans son regard un plaisir anticipé.

# Posté le mardi 10 juin 2008 05:22

Modifié le jeudi 12 juin 2008 15:44

Arguillus

 Arguillus
_Et bien petite, on a déplu au seigneur, dit le jeune homme avec un sourire cruel.
_Premièrement tu ne m'appelles pas petite, deuxièmement cet homme n'est pas mon seigneur, pprépondit effrontément la jeune fille, qui n'aimait pas le ton suffisant qu'il avait employé, dans sa situation les mots étaient sa seule arme.

Il ne sembla s'offusquer de ses paroles, au contraire il éclata de rire.
_Oh! Oh ! Mais c'est que l'on se rebelle! Fais gaffe, le seigneur est plus susceptible que moi, la preuve, ajouta –t'il en désignant le fouet.
_Vous allez vraiment me frapper avec ça?!
Elle n'avait jamais reçu de coups de fouets, mais elle avait assisté une fois à la punition d'un esclave et elle n'avait jamais oublié les cris du malheureux et son visage se tordant de douleur à chaque coup, et elle n'avait aucune envie d'expérimenter ce châtiment.

_Tiens, tiens on ravale sa morgue maintenant? Allez ne bouge pas, lui ordonna-t'il tandis qu'il entreprenait de la déshabiller. Ses mains s'attardèrent sur son corps.
_Il serait dommage d'abimer une si belle peau. Qu'est ce que vous en pensez, seigneur?
Un éclat de rire lui répondit. Puis une voix dont Adelaïde ne parvint pas localiser la source.
_Tu as carte blanche, Mernaid.
Le sourire du jeune homme s'agrandit et ses caresses devinrent plus osée.
_Arrête ça!!! hurla Adelaïde.
_Je ne sais pas si je pourrais, chuchota-t'il, t'es vraiment très mignonne!!!
Un cri sortit de sa gorge. Un cri inarticulé qui exprimait toute sa rage de ne pas pouvoir se défendre, d'être dans l'incapacité de réagir. Alors son corps s'enflamma.
_Oula du calme!!! Je m'éloigne, tu vois je ne touches plus.
Il y avait une appréhension nouvelle dans sa voix, et peut être un peu de respect.

Arguillus pénétra dans la pièce. La jeune fille ne se souciait pas de sa nudité, elle essayait juste de comprendre.
_Tu as des pouvoirs, Adelaïde, et je peux t'aider à les développer. Es-tu d'accord?
_Je...
Elle hésita et pourtant elle était tenté par la proposition du sorcier. D'accord.
_Bien, enfile ça, il lui tendit une tunique cintré dans les tons verts.

# Posté le mardi 10 juin 2008 07:29

Modifié le jeudi 12 juin 2008 15:41

Adelaïde

Adelaïde
Adelaïde suivit Mernaid qui la guida à travers les galeries de la guilde.
_Là ce sont les appartements d'Arguillus. Ma chambre est à l'autre bout du couloir, viens voir, ce n'est pas bien grand mais au moins j'ai un coin intime. La tienne est juste en face.
Le fait que sa chambre se trouve en face de celle du jeune homme ne plaisait pas vraiment à la jeune fille, pourtant elle ne dit rien. En vérité son instinct lui disait qu'il ne tenterait plus rien contre elle. Encore cet instinct... Cette chose nouvelle et pourtant elle lui faisait confiance.
_Elle te conviens?
La jeune fille ne répondit rien, elle s'avança. Sur sa gauche il y avait une paillasse et au fond une petite table, à sa droite un grand miroir. Elle se tourna pour regarder son reflet et sursauta. L'image que la glace lui renvoyait ne lui était pas du tout familière, elle avait en face d'elle non pas une jeune humaine mais une jeune elfe.
_Qu'est ce que vous m'avez fait? Ce n'est pas moi, ça!!!!! Adelaïde avait hurlé. Que tout change dans sa vie elle pouvait encore le supporter mais qu'elle change elle même s'en était trop!
Mernaid recula, un peu désemparé par sa soudaine crise de rage.

_Alors tu l'ignorais?
C'était la voix d'Arguillus.
_Ignorer quoi? Je... j'exi...j'exige que vo...vous me me rendiez co...comme j'étais!!!!!
Sa voix tremblait de rage et de panique. Adelaïde luttait contre les larmes.
_Le rituel est achevé, je ne peux plus rien faire.
_Le rituel, quel rituel?
_Le rituel qui t'as rendu ta forme originelle, l'absorption du sang d'un être tout juste tué.
_Le sang de la biche... Mais pourquoi?
_Je ne peux répondre à tes questions, tout ce que je peux faire c'est t'apprendre à te servir de ton nouveau corps et des nouvelles capacités qui l'accompagne.
_Mais...
Un millier de questions se bousculaient dans sa tête, et par dessus tout cela la mort de ses parents qui revint comme un flash
_Pourquoi avoir tué mes parents?
_Tes parents? Le couple qui t'accompagnait n'a jamais eu le moindre lien de parenté avec toi. Tu es une elfe de naissance, une elfe de lune.


Mernaid avait suivis l'échange avec attention et lorsque Arguillus pris congé il s'approcha de la jeune fille.
_Allez, tout ça n'est pas si grave. Tu verras Arguillus est un bon professeur, tu apprendras vite, et puis il y à pire comme destin. Non?
_Je ne sais pas, peut être...
_Ouais je vois. Bon je crois que la journée d'aujourd'hui a été suffisamment riche. Dors quelques heures et tu verras tout sera beaucoup plus clair.

Il la laissa seule dans sa chambre, seule avec ses doutes. Elle était complètement déboussolé, et la seule chose à laquelle elle réussit à se raccrocher fut le visage du jeune homme.Elle se laissa aller dans les bras de Morphée et le sommeil chassa tous ses doutes.

# Posté le mardi 10 juin 2008 09:56

Modifié le jeudi 12 juin 2008 15:37